11. Les origines
Pendant les deux derniers siècles de l'Ancien Régime, Tarbes avait connu les affres des guerres de religion, les conflits incessants avec l'Espagne et ne souhaitait plus qu'une chose : ne plus voir de militaires dans ses murs! Pourtant la Guerre d'Espagne en 1808 ramena de nombreux régiments dans la région. A la différence de la soldatesque précédente ces différentes unités favorisaient par leurs multiples approvisionnements de nombreux débouchés au commerce local.
En 1816, le baron de GONNES, maire de la ville, et le Conseil Général des Hautes-Pyrénées émettent le souhait d'une construction d'un quartier de cavalerie.
Le 19 octobre 1824 le Ministère de la Guerre donne son approbation pour un coût évalué à 500 000 francs que se partagent la municipalité et le Conseil Général.
12. Un choix justifié
Un rapport de la direction du Génie de Bayonne en 1824 énumère les raisons favorables à la création d'un quartier de cavalerie :
- Vastes prairies et modicité du prix du fourrage
- Facilité d'aménagement des eaux (entretien et hygiène)
- Proximité de l'hippodrome de Laloubère (manouvres)
- Proximité d'un élevage d'étalons (haras et débouchés commerciaux pour la race Anglo-Arabe nouvellement créée)
- Bienfait des eaux minérales de la région, indiquées pour le traitement de certaines maladies chevalines
- Proximité de la frontière espagnole.
En fait il apparaît que l'instabilité politique en Espagne a été un des facteurs déterminants du choix de Tarbes par le Gouvernement. De plus les autorités locales et les partisans du projet "prouvaient que l'agriculture et l'industrie trouveraient dans la présence d'un régiment entier de cavalerie des débouchés si sûrs que les emprunts nécessaires pour se lancer dans une pareille aventure seraient rapidement remboursés" (Lucienne MICHOU).
13. Une construction longue et difficile
Un officier du génie d'origine toscane, demeuré au service de la France après l'épopée impériale, le capitaine CONCONCELLI propose différents projets.
Les plans retenus sont ceux d'un quartier pouvant loger quatre escadrons, et en mesure d'en accueillir six. Le 31 décembre 1824 l 'adjudication des travaux échoit à l'entrepreneur Laurent GLEIZES de Toulouse.
Le 16 juillet 1826 paraît l'ordonnance autorisant l'acquisition des terrains et les travaux de terrassement débutent à la fin de l'année. Les bâtiments, eux, sont commencés en 1827.
Conformément aux directives de l'architecte, l'entrepreneur reprend la méthode traditionnelle bigourdane. Les murs sont élevés par lits successifs de galets et de briques (donnant plus assise), et habillés, pour les encadrements et les cintres, de pierre de Lourdes. La mise en valeur des pierres et l'enduit recouvrant les matériaux moins nobles donnent l'impression, au premier coup d'oil, que l'ensemble est uniquement réalisé en pierre.
Il faut se représenter la lenteur du chantier. Les lourds chariots tirés par des boufs qui portent le bois des forêts de Campan et la pierre de Lourdes donnent en fait le rythme de la construction. A cela s'ajoutent rapidement des difficultés financières.
L'affaire est singulière. La municipalité ayant besoin de crédits pour faire face aux coûts du chantier recule les barrières d'octroi. M. GLEIZES est rapidement mis en difficulté car il doit désormais s'acquitter de ces taxes à chaque passage de ses chariots. Vers 1828 il abandonne le chantier au profit d'un deuxième entrepreneur Monsieur BLANCHARD.
A la lenteur des approvisionnements, aux difficultés financières s'ajoutent aussi les calamités naturelles. Nous ne retiendrons que l'orage de grêle de 1830 qui brise toutes les vitres déjà en place! Malgré tout cela le chantier prend fin en 1857.
